La fuite des cerveaux en Corée du Sud : un défi pour l’avenir scientifique
La Corée du Sud est confrontée à une érosion inquiétante de son capital intellectuel, avec la perte croissante de ses meilleurs chercheurs et professeurs, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. Malgré les efforts du gouvernement pour attirer des talents étrangers, les experts locaux choisissent souvent d’émigrer vers des institutions offrant de meilleures conditions salariales et de travail. Cette situation soulève des questions cruciales sur la compétitivité et l’avenir scientifique du pays.
Une réalité alarmante
Au cours des quatre dernières années, l’Université nationale de Séoul a perdu 56 professeurs issus de divers domaines tels que les sciences humaines, naturelles, ingénierie ou arts. Ces départs ne se limitent pas à la capitale ; même les universités régionales subissent cette tendance. De nombreux enseignants migrent vers Séoul avant d’abandonner définitivement le pays pour s’installer aux États-Unis, à Singapour ou en Chine où leurs salaires peuvent atteindre jusqu’à quatre fois ceux proposés à Séoul.
Un professeur assistant en intelligence artificielle témoigne : “Avec un écart de salaire aussi grand, la possibilité de faire de la recherche avec de bons moyens et une aide au logement, il n’y a vraiment aucune raison de refuser une très bonne offre.”
Des chiffres qui parlent
Les grands instituts publics comme KAIST ou GIST ne sont pas épargnés par cette fuite. Entre 2021 et mi-2025, 119 membres du corps professoral ont quitté ces établissements. La stagnation salariale est frappante : un professeur gagne en moyenne 67 000 € par an à Séoul contre jusqu’à 305 000 € à l’étranger. Le ministère de l’Éducation rapporte qu’en cinq ans, le salaire moyen des professeurs titulaires dans les universités privées n’a augmenté que de 0,8%, passant ainsi à 68 300 € en 2024.
Cette réalité est particulièrement préoccupante dans le secteur privé où un chercheur titulaire d’un doctorat perçoit environ seulement 28 000 €, soit un quart du salaire offert par ses homologues internationaux.
Un avenir incertain
Le manque d’infrastructures adéquates et la pression pour obtenir des résultats rapides exacerbent ce phénomène. Les chercheurs expriment leur frustration face aux conditions actuelles : “Comme les laboratoires étrangers ont de meilleurs profils. beaucoup préfèrent étudier à l’étranger dès qu’ils le peuvent.”
Le président Lee Jae Myung a demandé au Premier ministre Kim Min Seok d’intervenir rapidement pour retenir ces talents précieux. Face aux défis posés par cette crise académique, il devient impératif non seulement d’empêcher les départs mais également d’encourager une véritable « circulation des cerveaux ».
Un étudiant en master résume bien cette problématique : “Sans un salaire correct et des opportunités pour progresser, les esprits les plus brillants quitteront le pays.”
Une réflexion nécessaire
Il est temps pour la Corée du Sud d’agir afin non seulement d’attirer mais aussi de conserver ses talents locaux dans un environnement compétitif mondialement reconnu. Que pensez-vous que devrait faire le pays pour inverser cette tendance ? Les solutions doivent être envisagées ensemble afin que chaque esprit brillant puisse contribuer au rayonnement scientifique sud-coréen sans avoir besoin d’aller chercher fortune ailleurs.
Dans cet enjeu crucial se cache l’espoir que demain sera synonyme non seulement d’innovation mais aussi d’une reconnaissance accrue envers ceux qui œuvrent ici même sur leur terre natale.


