Les conséquences du dégriffage chez les chats : une étude alarmante
Une nouvelle étude menée par le Groupe de recherche en pharmacologie animale du Québec (GREPAQ) de l’Université de Montréal révèle des séquelles irréversibles dues au dégriffage des chats. Cette pratique, bien que considérée comme banale par certains, entraîne des douleurs chroniques et des lésions nerveuses graves. Le professeur Éric Troncy souligne que « cette chirurgie de convenance réduit la qualité de vie des chats de manière permanente et est éthiquement inacceptable ».
Une intervention aux effets dévastateurs
Le dégriffage, ou phalangectomie, consiste à amputer la dernière phalange de chaque doigt du chat. Bien qu’interdite au Québec depuis 2024, elle reste légale dans plusieurs provinces canadiennes et aux États-Unis. L’American Veterinary Medical Association (AVMA) n’a pas encore condamné cette pratique en raison d’un manque de données scientifiques solides.
« Cette intervention est encore pratiquée sur environ un quart des chats nord-américains », précise le professeur Troncy. Grâce à une colonie unique de chats arthrosiques suivis au GREPAQ, l’équipe a pu isoler les effets spécifiques du dégriffage : douleurs chroniques, hypersensibilité marquée et troubles moteurs.
Une étude rigoureuse sur près de 200 félins
L’étude a examiné 188 chats répartis en trois groupes : sains non dégriffés, arthrosiques non dégriffés et arthrosiques dégriffés. Les chercheurs ont utilisé divers tests non invasifs pour évaluer la douleur mécanique et la fonction nerveuse. Les résultats sont préoccupants : les chats arthrosiques dégriffés présentent une hypersensibilité aux stimuli mécaniques.
« Chez les chats arthrosiques dégriffés, le seuil où ils retirent leur patte se situe à seulement 101 grammes », explique le chercheur. Ce chiffre contraste fortement avec celui des chats sains qui supportent jusqu’à 166 grammes avant d’agir.
La douleur chronique amplifiée
Pour comprendre comment ces animaux vivent avec leur douleur accrue, l’équipe a conçu un brassard capable d’envoyer de petites stimulations à leurs pattes. Alors que les chats sains tolèrent généralement jusqu’à 30 stimulations sans réaction notable, ceux qui sont arthrosiques dégriffés ne supportent que 10 à 15 stimulations avant d’être agacés.
« Cela montre bien que tout leur système nerveux est surchargé », note Éric Troncy.
Des nerfs endommagés pour toujours
Des tests électrophysiologiques menés par la Dre Aude Castel révèlent également une altération significative dans la conduction nerveuse chez les félins affectés par le dégriffage. « Nous avons désormais des preuves scientifiques solides que le dégriffage entraîne des douleurs chroniques et des lésions nerveuses irréversibles », conclut Troncy.
Cette recherche met en lumière l’impact tragique du choix humain sur la vie animale. Il est essentiel d’informer davantage sur ce sujet afin d’éviter que nos compagnons félin ne souffrent inutilement pour notre confort personnel.
À travers ces révélations poignantes, il devient impératif d’adopter une approche plus empathique envers nos amis à quatre pattes afin qu’ils puissent vivre sereinement sans souffrances inutiles causées par nos décisions parfois malavisées. Chaque chat mérite amour et respect ; faisons-en sorte qu’ils soient entendus !


