Un trafic en pleine expansion : les chats sous le feu des projecteurs
La pandémie de Covid-19 a engendré une hausse alarmante du commerce illégal d’animaux de compagnie, notamment des chats. Ce phénomène, qui touche la Suisse comme le reste du monde, révèle un marché lucratif où la souffrance animale et les risques sanitaires sont omniprésents. Des experts alertent sur ces dérives et appellent à renforcer les règles d’importation.
Une demande croissante
Au cours des dernières années, le trafic d’animaux est devenu l’un des business illégaux les plus rentables après la drogue et les armes. Comme l’explique Nicolas Roeschli de l’organisation Quatre Pattes dans l’émission A Bon Entendeur de la RTS : « Lorsque la demande pour des animaux de compagnie a dépassé l’offre, les prix ont explosé. » Cette dynamique a incité certains acheteurs à se tourner vers des voies illégales pour acquérir leur animal de rêve.
Dans le canton de Vaud, par exemple, on est passé de moins d’une dizaine de cas en 2008 à 306 cas recensés l’année dernière. Giovanni Pedudo, vétérinaire cantonal vaudois, souligne que « l’offre pour des animaux de compagnie est quasiment illimitée et immédiate », ce qui augmente considérablement le risque d’importations illégales.
Souffrances cachées
Le constat est inquiétant : derrière chaque transaction illicite se cache souvent une réalité sordide. Martin Reist, responsable santé et protection des animaux à l’OSAV (Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires), déplore que « parce qu’il n’est pas toujours facile de trouver un chat de la race désirée, certains acheteurs sont prêts à emprunter des chemins illégaux ».
Les vidéos réalisées par Quatre Pattes révèlent également les conditions inhumaines dans lesquelles vivent certains animaux. Nicolas Roeschli dénonce ainsi : « Il y avait des conditions absolument insalubres. des animaux entassés dans des cages. mais aussi malades. »
La situation en Suisse
En Suisse aussi, plusieurs élevages proposent leurs services sans respecter la législation en vigueur. Lucia Oeschger, experte en protection animale, met en garde contre certaines annonces trompeuses sur internet : « Il faut se méfier des photos trop mises en scène. » Les races populaires comme le Scottish Fold, dont les caractéristiques génétiques posent problème au niveau du squelette selon certaines réglementations suisses, illustrent parfaitement cette dérive.
Avant toute vente légale d’un Scottish Fold, il est impératif qu’un vétérinaire certifie que ces contraintes ne s’appliquent pas aux chatons concernés. Cependant, cette obligation n’est pas toujours respectée par tous les éleveurs.
Vers un renforcement nécessaire
Face à cette situation alarmante où depuis 2020 les cas importés illégalement ont été multipliés par six – avec une part croissante dédiée aux chats atteignant aujourd’hui 15,7% – il devient urgent d’agir. L’OSAV envisage donc un renforcement notable des règles concernant l’importation animale afin d’assurer davantage la sécurité sanitaire et le bien-être animal.
Martin Reist évoque même une proposition visant à obliger les éleveurs étrangers à fournir préalablement le numéro d’identification avant toute importation vers la Suisse. Malheureusement pour ceux qui espèrent voir émerger plus rapidement ces mesures protectrices pour nos amis félins adorés, une motion visant à rendre obligatoire la puce électronique pour tous les chats vient tout juste d’être rejetée au Conseil national.
Dans ce contexte troublant mais révélateur du lien profond entre humains et félins domestiques se dessine une nécessité collective : protéger nos compagnons poilus tout en veillant au respect strict du bien-être animal. Chaque geste compte ! En tant qu’amoureux inconditionnels des chats ou simples citoyens soucieux du sort réservé aux êtres vivants autour de nous, restons vigilants face aux dangers invisibles qui menacent notre société féline.


