À Kharkiv, des bénévoles mettent leur vie en danger pour protéger les animaux en détresse

Dans une Ukraine dévastée par la guerre, des bénévoles se battent pour sauver les animaux abandonnés. Simone et Ruslan, membres de l’association ARK, parcourent les rues de Kharkiv pour recueillir ces compagnons laissés à leur sort. Leur engagement inébranlable offre un souffle d’espoir dans un contexte tragique.

Une mission périlleuse au cœur de Kharkiv

Après quatre heures de route, Simone, une jeune Suissesse passionnée par la cause animale depuis son enfance, et son camarade Ruslan s’apprêtent à entrer dans une ville ravagée par le conflit. « Je suis volontaire pour ARK depuis presque un an, et j’ai vu à quel point les drones ont envahi le ciel. Il y en a partout ! » confie-t-elle alors qu’ils enfilent leurs gilets pare-balles et activent leurs détecteurs de drones.

La situation est catastrophique ; les bombardements incessants plongent les quartiers dans le chaos. Les deux volontaires sillonnent la ville pendant cinq heures, suivant une liste d’adresses où des animaux errants attendent désespérément d’être secourus. Parfois ce sont même des voisins qui alertent sur des compagnons laissés derrière après que leurs maîtres ont dû fuir.

Simone, cours derrière, je le bloque ici ! crie Ruslan alors qu’il tente d’attraper un chien affolé que pleure une vieille dame qui avait pris soin de lui jusqu’à présent. Grâce à leur détermination et à l’utilisation astucieuse d’un lasso, ils réussissent à placer 42 chiens et chats dans leur van avant de reprendre la route vers Kharkiv.

Un refuge pour ceux qui souffrent

Les animaux recueillis sont placés en quarantaine puis confiés aux refuges ou amenés à la clinique vétérinaire d’ARK où plusieurs vétérinaires s’activent pour soigner les blessés issus principalement des régions touchées comme Donetsk, Soumy ou encore Kharkiv. Yaryna, représentante d’ARK explique : « Notre but est que chaque animal trouve une famille, ici ou ailleurs en Europe. »

Dans cette clinique se cache aussi un espace dédié aux chats nommé « Le Petit Prince », ouvert depuis plus d’un an dans un souterrain du centre-ville où 257 félins vivent paisiblement entre arbres à chats et coussins moelleux. « C’est une vraie thérapie », ajoute Yaryna avec enthousiasme.

La renaissance du Feldman Ekopark

Non loin de là se trouve également le Feldman Ekopark, autrefois joyau animalier aujourd’hui dévasté par la guerre. Olena raconte avec tristesse : « 90% du parc a été détruit, 300 animaux ont été tués. » Malgré cela, dès mars 2022 une opération massive a permis l’évacuation de près de 5 000 animaux vers des refuges européens.

Aujourd’hui encore sous pression mais résilient face aux difficultés rencontrées lors des bombardements intenses qui ont frappé sa région frontalière avec la Russie, le parc abrite désormais environ 1 500 animaux dont certains rescapés tels que tigres blancs et chimpanzés.

L’engagement indéfectible des Ukrainiens

L’histoire ne serait pas complète sans mentionner celles comme celle de Khanna, déplacée elle aussi par la guerre mais toujours pleine d’amour pour ses protégés. Elle a pris soin seule de 66 animaux pendant les moments difficiles : « Des gens sont partis en Russie après la libération. Ils ont laissé leurs animaux derrière », déplore-t-elle émus tout en caressant ses quatre chats évacués récemment.

Elle se remémore comment elle parcourait Vovchansk à vélo malgré les frappes aériennes pour nourrir tous ces êtres vulnérables : « Il n’y avait ni électricité ni gaz. Mais on recevait aide humanitaire partagée avec eux. »

Lorsqu’elle évoque son évacuation le 12 mai 2024, son regard trahit toute l’émotion liée au fait qu’elle n’a pu emmener tous ses amis poilus restants : « Beaucoup sont restés jusqu’au dernier moment uniquement pour ne pas abandonner leurs animaux. »

À travers ces récits poignants et inspirants naît un message puissant sur notre responsabilité envers nos compagnons fidèles même face aux crises humaines majeures. Ces héros du quotidien nous rappellent que chaque geste compte lorsque vient le temps d’offrir amour et protection aux plus vulnérables parmi nous – qu’ils soient humains ou non-humains.

Walter Lefebvre

Journaliste animalier, je consacre ma plume à raconter le monde fascinant des félins, du chat de gouttière malicieux au majestueux Maine Coon. Entre enquêtes sur la protection animale, portraits de races et immersion dans les refuges, je donne voix à leurs histoires pour sensibiliser et émerveiller. Mon objectif : transmettre l’amour et le respect des chats à travers des récits vivants et documentés.

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