À Paudex : Une histoire de sauvetage d’agneau et de malentendus Une mère et sa fille ont secouru un agneau en détresse, mais la commune les tient responsables des frais vétérinaires. Bien que la commune ait remboursé une partie des coûts, elle considère que l’intervention n’était pas autorisée.
Un acte de compassion
C’est une belle journée de mars à Paudex, lorsque deux âmes au grand cœur, une mère et sa fille, entendent des cris perçants provenant d’un enclos communal. Intriguées par cette détresse animale, elles décident d’agir. En pénétrant dans le champ, elles découvrent un agneau nouveau-né, encore relié à sa mère par le cordon ombilical, piétiné par le reste du troupeau. Face à cette scène déchirante, leur instinct maternel prend le dessus.
« Nous ne pouvions pas rester là sans rien faire », confie la mère. Ensemble, elles prennent la décision courageuse de sauver cet animal vulnérable.
Un parcours semé d’embûches
Malgré leurs bonnes intentions, les choses ne se passent pas comme prévu. Après avoir tenté sans succès de contacter l’employé communal responsable du troupeau pour demander conseil ou assistance, elles décident d’emmener l’agneau chez un vétérinaire. Pour cela, elles déboursent 170 francs pour assurer les soins nécessaires.
L’agneau est ensuite gardé au chaud chez l’une des femmes et nourri au biberon toute la nuit avec tendresse et dévotion. Malheureusement, le lendemain matin apporte son lot de désillusion : après avoir été rendu à sa mère dans l’espoir qu’il soit accepté à nouveau, il est rejeté par le reste du troupeau. Après quelques jours difficiles où l’état de santé du petit agneau se dégrade rapidement en raison d’une malformation non détectée auparavant, il doit finalement être euthanasié.
La réaction de la commune
La situation prend alors une tournure inattendue lorsque la commune intervient pour rappeler aux deux femmes qu’elles ont agi sans autorisation sur un terrain communal en emportant un animal qui leur appartenait légalement. Nicolas Chamorel, secrétaire municipal explique : « Il faut d’abord contacter le propriétaire ou bien appeler la police ». Bien que reconnaissant que leurs intentions étaient louables, « L’intention était bonne », il souligne que ces actions doivent suivre les protocoles établis.
Pour alléger quelque peu leur peine financière face aux frais vétérinaires engagés pour sauver cet agneau innocent, la commune a décidé de rembourser 50% des coûts « à bien plaire ».
Une voix experte
Pour éclairer davantage cette situation délicate et souvent complexe lorsqu’il s’agit du bien-être animal dans un cadre communal ou agricole, Paola Rüegg, vétérinaire cantonale adjointe précise : « Dans ce type de situation difficile où vous rencontrez un animal blessé ou en détresse sur propriété publique ou privée , il est toujours préférable de contacter directement le service vétérinaire cantonal ».
Il est essentiel dans notre société moderne d’apprendre à conjuguer compassion envers nos amis animaux avec respect des lois qui régissent leur protection. Cette histoire rappelle combien il peut être difficile parfois d’agir avec amour tout en respectant les règles établies – mais surtout combien chaque geste compte quand il s’agit de protéger ceux qui n’ont pas voix au chapitre !


