L’été des abandons : une réalité alarmante pour les refuges animaliers
Chaque été, le phénomène des abandons d’animaux domestiques atteint son paroxysme en France, et l’Association des amis bénévoles des animaux d’Alfortville (AABAA) n’échappe pas à cette triste réalité. Actuellement, elle abrite une quarantaine de chats et fait face à un afflux constant de nouveaux arrivants. Dans ce contexte difficile, Chantal Dargaignaratz, la présidente de l’association, exprime sa préoccupation : « On est complets ! »
Un refuge débordé
Derrière le portail du refuge alfortvillais se mêlent les aboiements et les miaulements. Les cages sont pleines, témoignant d’une situation critique. Chaque année à la même période, les abandons augmentent considérablement. « Face à cet afflux, on ne peut pas faire des miracles ! », confie Chantal Dargaignaratz.
Récemment, trois chatons ont été découverts non loin du refuge. L’un d’eux a été amené par un homme qui a trouvé le petit dans un carton abandonné : « Je ne pouvais pas le laisser comme ça, alors je l’ai amené ici », explique-t-il avec émotion. Ces gestes de solidarité sont précieux pour l’association qui compte sur ses 15 bénévoles pour s’occuper quotidiennement de ces animaux.
Des ressources financières insuffisantes
La gestion d’un refuge nécessite des moyens financiers importants. L’AABAA dépense entre 2 000 euros et 3 500 euros par mois pour les soins vétérinaires seuls. Malgré quelques revenus générés par la pension animale durant l’été, cela reste insuffisant pour couvrir toutes les dépenses nécessaires au bien-être des animaux accueillis.
Chantal souligne également que certains animaux arrivent dans un état préoccupant : « On a en plus deux bouledogues français… Et on va devoir tout payer jusqu’au résultat du procès », fait-elle savoir en parlant d’une réquisition judiciaire liée à maltraitance.
Sensibilisation contre les abandons
Pour lutter contre ce fléau croissant des abandons estivaux, la ville d’Alfortville soutient activement l’AABAA en mettant à disposition ses locaux et en apportant une aide financière via France Relance : 30 000 euros pour des travaux ainsi que 7 000 euros pour une campagne de stérilisation.
Véronique Deprez-Boudier, préfète déléguée à l’égalité des chances dans le Val-de-Marne rappelle fermement que « Un abandon est considéré comme un acte de cruauté… [et] peut être puni pénalement ». Les conséquences peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, soulignant ainsi la gravité du sujet.
Une initiative locale prometteuse
Wilfried Rocher explique qu’il s’agit là d’une réponse proactive face aux abandons : « La lutte contre les abandons est l’un de nos axes de travail ».
Cette plateforme permet aux particuliers pet sitters ou éducateurs canins de proposer leurs services tout en offrant conseils pratiques via Facebook.
Face aux défis auxquels font face ces associations engagées dans la protection animale, il est essentiel que chacun prenne conscience de sa responsabilité vis-à-vis de nos fidèles compagnons. Ensemble nous pouvons faire changer les choses ; chaque geste compte lorsque nous parlons du bien-être animal et qu’il s’agit d’éviter que nos amis poilus ne finissent seuls derrière un grille.


