L’été, un fléau pour nos compagnons : les abandons d’animaux en hausse
Chaque été, les refuges français font face à une augmentation alarmante des abandons d’animaux de compagnie. Malgré les campagnes de sensibilisation et une évolution des mentalités sur la possession animale, le nombre de chiens et de chats admis ne cesse d’augmenter. Comment expliquer cette situation déconcertante ?
Des refuges saturés
Dans la Normandie, le refuge de Lintot est en première ligne face à ce phénomène. Dorothée, trésorière du refuge, explique : « Nous sommes actuellement au complet avec 27 chiens et 106 chats, dont 71 chatons. Depuis deux mois, nous subissons un pic d’abandons au niveau des chiens ». Les étés sont particulièrement difficiles pour ces structures qui doivent jongler entre l’accueil des animaux maltraités et ceux abandonnés par leurs propriétaires.
« Dans les cas extrêmes, nous en venons à faire appel à des familles d’accueil ou à des pensions », poursuit-elle. Mais ces solutions temporaires ne suffisent pas face à l’afflux constant d’animaux laissés pour compte.
La responsabilité du propriétaire
Un autre point crucial réside dans l’identification obligatoire des animaux de compagnie en France. Pourtant, beaucoup y dérogent : « La grande majorité des animaux trouvés errants ne sont pas identifiés », déplore Dorothée. Cette absence de traçabilité rend difficile le retour aux propriétaires responsables.
Les excuses avancées par ceux qui abandonnent leurs animaux restent souvent similaires : expulsions ou divorces sont fréquemment citées comme raisons. Cependant, il est essentiel de rappeler que « abandonner son animal au sein d’un refuge demande un minimum de courage ».
Un marché illégal florissant
Le site Leboncoin représente également un défi majeur dans la lutte contre l’abandon animalier. Bien qu’il soit interdit de vendre des animaux sans élevage légalement reconnu, certains utilisateurs contournent la loi en proposant leurs compagnons sous couvert de dons : « C’est une catastrophe à tous points de vue », affirme Dorothée.
Ce manque flagrant de respect envers les animaux contribue non seulement aux abandons mais aussi aux traumatismes qu’ils subissent lorsqu’ils changent plusieurs fois d’adresses.
Une vision consumériste
Audrey Jougla souligne quant à elle que nos relations avec nos amis félins et canins ont pris une tournure consumériste : « Nous avons un rapport consumériste aux animaux de compagnie ». Ces êtres sensibles deviennent parfois simplement un « pansement émotionnel », oubliant ainsi leur besoin fondamental d’amour et d’engagement sur le long terme.
Dorothée relate même avoir reçu des demandes sidérantes telles que celle-ci : « Comment me débarrasser de mon chien ? » Ce genre d’attitude illustre bien le manque cruel d’empathie envers ces âmes innocentes qui n’ont rien demandé.
Repenser notre relation avec eux
Pour changer cette dynamique négative autour du bien-être animal, Audrey Jougla appelle à repenser notre rapport aux animaux dans notre quotidien. Elle plaide pour plus d’inclusion dans les espaces publics afin que nos fidèles compagnons puissent partager pleinement nos vies sans être laissés derrière lors des sorties estivales.
Elle conclut avec sagesse : « Les animaux nous font le cadeau d’un amour inconditionnel, et les humains ne sont pas à la hauteur de cette fidélité ».
Ensemble agissons pour offrir une vie meilleure à ceux qui donnent tant sans rien demander en retour !


