Un moment inoubliable en mer : rencontre avec un requin-taupe à Trégastel
Le 17 juillet 2025, une sortie de pêche au large de Trégastel s’est transformée en une expérience exceptionnelle pour Jean-Charles Guichen et son fils. Alors qu’ils profitaient d’une mer calme, un requin-taupe a fait irruption près de leur bateau, offrant un spectacle inattendu et émouvant. Ce moment rare met en lumière l’importance des efforts de conservation autour de cette espèce protégée.
Une rencontre surprenante
C’est depuis le port du Coz Pors que Jean-Charles Guichen, guitariste originaire de Pleumeur-Bodou, a pris la mer avec son fils. L’objectif était simple : pêcher quelques maquereaux pour le dîner. Mais alors qu’ils naviguaient au large du Dé, un événement extraordinaire s’est produit. « Un aileron perce la surface », se remémore Jean-Charles.
Un requin-taupe, mesurant entre 2 et 3 mètres, est venu se frotter à la coque de leur embarcation dans une démonstration fascinante de curiosité animale. Le jeune garçon n’a pas hésité à tendre la main pour caresser ce géant des mers. « C’est toujours impressionnant de le voir s’approcher et venir se frotter à la coque comme un chat », confie Jean-Charles dans les colonnes du média Le TrégorLa scène incroyable a été filmée pendant près d’un quart d’heure avant que l’animal ne prenne finalement son envol vers les profondeurs océaniques.
Un suivi scientifique essentiel
Cette observation fortuite n’aurait pas été possible sans les efforts déployés par l’Apecs, l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens basée à Brest. Sur la vidéo réalisée par Jean-Charles, une balise est clairement visible sur le requin-taupe, indiquant qu’il fait partie d’un programme actif visant à suivre ses déplacements dans les eaux bretonnes.
Depuis trois ans déjà, plus de 150 femelles requins-taupes ont été recensées autour des Sept-Îles grâce aux travaux minutieux des chercheurs et plongeurs impliqués dans ce projet ambitieux. Cette zone marine riche en biodiversité constitue un habitat idéal pour ces prédateurs discrets qui cohabitent paisiblement avec d’autres espèces marines telles que les phoques gris ou encore les macareux moines.
Une espèce vulnérable mais prometteuse
Malgré sa présence réconfortante près des côtes bretonnes, le requin-taupe (Lamna nasus) demeure sous protection stricte depuis 2009 en France et 2010 au niveau européen en raison d’une population alarmante. Classé “en danger critique” en Europe par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), cet animal magnifique peut atteindre jusqu’à 3,50 mètres et peser jusqu’à 250 kg, mais il n’a jamais attaqué l’homme.
La maturité sexuelle tardive du requin-taupe – atteinte vers 13 à 15 ans – combinée à un faible taux de renouvellement rend sa survie délicate face aux menaces environnementales passées dues à sa surexploitation commerciale.
Un espoir renouvelé
Jean-Charles Guichen avait déjà eu une expérience similaire cinq ans auparavant dans cette même région lorsqu’il avait filmé un autre requin-taupe. Les scientifiques notent que ces observations sont devenues plus fréquentes grâce aux mesures protectrices mises en place récemment.
« La présence d’individus balisés si près des côtes témoigne de l’efficacité des politiques de conservation marine », affirment les chercheurs de l’Apecs qui poursuivent leurs efforts afin d’en apprendre davantage sur cette espèce fascinante tout en sensibilisant le grand public sur son importance écologique.
Chaque rencontre comme celle vécue par Jean-Charles et son fils devient ainsi une pièce essentielle du puzzle complexe qu’est la vie marine bretonne. En regardant cet aileron disparaître lentement sous les vagues tranquilles après tant d’émerveillement partagé entre père et fils, on comprend mieux combien chaque instant passé auprès des animaux sauvages est précieux – non seulement pour ceux qui ont eu cette chance unique mais aussi pour notre planète tout entière.


