Dans cet espace inclusif pour personnes sourdes, Hulya s'occupe entièrement de son quotidien et possède un chat.

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À Caluire-et-Cuire, la Maison Sainte-Claire se démarque comme un habitat inclusif novateur pour les personnes sourdes avec handicap associé. Hulya, l’une des treize résidentes, découvre une vie autonome après avoir passé des années dans des établissements médico-sociaux. Avec son chat devenu mascotte de la maison, elle partage son bonheur d’être enfin libre et indépendante.

Une nouvelle liberté

Dans la métropole lyonnaise, au cœur de Caluire-et-Cuire, se trouve un bâtiment qui pourrait passer inaperçu. Pourtant, il abrite un projet révolutionnaire : la Maison Sainte-Claire, l’un des premiers habitats inclusifs pour les personnes sourdes accompagnées d’un handicap associé. Parmi les treize locataires de ce lieu unique se trouve Hulya, 47 ans, qui a récemment signé son tout premier bail. « Aujourd’hui, je suis super contente. Pour la première fois, je me sens libre », déclare-t-elle avec un sourire radieux.

Après avoir vécu toute sa vie dans des établissements où chaque demande était satisfaite par des éducateurs dans une logique d’assistance permanente, Hulya goûte enfin à l’indépendance.

Un cadre ordinaire

La directrice adjointe des services de l’Irsam Lyon, Karine Arqué, explique que « ici nous sommes dans un cadre ordinaire », soulignant que ces appartements sont accessibles et adaptés aux besoins spécifiques de leurs habitants. Chaque logement est équipé pour faciliter la vie quotidienne des résidents sourds ou malentendants : sonnette et réveil lumineux sont conçus pour répondre à leurs besoins.

« J’ai même un balcon, et j’adore », s’exclame Hulya en montrant fièrement son appartement fonctionnel et lumineux.

Vers l’autonomie

L’un des aspects les plus marquants du changement dans la vie d’Hulya est sa capacité à gérer seule ses activités quotidiennes. « Le vrai changement c’est que depuis que je suis ici, je fais tout toute seule : les courses, la cuisine. et même avoir un chat ! » s’enthousiasme-t-elle. Son compagnon félin n’est pas qu’un simple animal de compagnie ; il est devenu « la mascotte des lieux ».

Mais comment faire face aux imprévus ? Hulya utilise le numéro 114 dédié aux urgences pour les personnes sourdes : « J’appelle le 114 car je ne peux pas parler au téléphone ». Ce type d’autonomie nécessite une adaptation continue à ce nouveau mode de vie.

Des liens intergénérationnels

Hulya partage aussi sa résidence avec douze autres personnes ayant vécu dans des institutions similaires ainsi que huit seniors autonomes issus d’Ehpad. Au début difficilement communicants entre eux en raison de leur diversité linguistique et culturelle, ils ont su créer du lien en adoptant diverses méthodes telles que le mime ou l’écriture.

« On s’invite à manger… on discute… on partage le café ou le thé », raconte-t-elle joyeusement alors qu’elle évoque ces moments précieux passés ensemble.

Ces interactions sont essentielles au projet qui cherche non seulement à éviter l’isolement mais également à favoriser les échanges intergénérationnels sans recréer une atmosphère institutionnelle trop familière.

Construire des ponts

Teresa Jouanny, animatrice du projet social, souligne l’importance de cette mixité : « Aller vers les autres permet aux personnes extérieures de mieux comprendre la surdité ». Cette approche favorise également une intégration sociale plus large pour ceux vivant avec ce handicap.

Le modèle innovant mis en place par Irsam Lyon pourrait servir d’exemple ailleurs selon Karine Arqué qui affirme : « À Lyon nous sommes pionniers avec cette configuration ».

L’autodétermination au cœur du projet

Ce dispositif offre avant tout aux résidents le pouvoir de choisir leur mode de vie, sortir du cadre imposé par le passé où leurs décisions étaient prises par autrui. Karine Vernet insiste sur cette notion essentielle : « C’est ce qu’on appelle l’autodétermination ».

Les retours sont positifs ; après deux ans d’expérimentation dans cet habitat inclusif innovant, aucun habitant n’a souhaité revenir en arrière. Ils réalisent peu à peu qu’ils possèdent bien plus de capacités qu’ils ne soupçonnaient auparavant.

« Tout commence par avoir un chez-soi », conclut Karine Arqué avec chaleur alors qu’Hulya savoure chaque instant passé dans sa nouvelle maison remplie non seulement d’amour mais aussi d’espoir et d’avenir prometteur grâce à sa précieuse indépendance retrouvée.

Walter Lefebvre

Journaliste animalier, je consacre ma plume à raconter le monde fascinant des félins, du chat de gouttière malicieux au majestueux Maine Coon. Entre enquêtes sur la protection animale, portraits de races et immersion dans les refuges, je donne voix à leurs histoires pour sensibiliser et émerveiller. Mon objectif : transmettre l’amour et le respect des chats à travers des récits vivants et documentés.

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