Le sepsis d’origine animale : un risque à prendre au sérieux pour les personnes vulnérables
Une étude française met en lumière le danger potentiel du sepsis causé par nos animaux de compagnie, notamment chez les patients fragiles. Bien que ces infections restent rares, elles peuvent avoir des conséquences graves, voire mortelles. Juliette Quintin, médecin en réanimation au CHU de Nantes et auteur de l’étude, souligne l’importance de la prudence face à ces risques.
Des compagnons parfois dangereux
Nos chats et chiens, bien-aimés dans nos foyers, ne sont pas toujours sans danger pour notre santé. Selon une étude publiée dans la revue Critical Careles chercheurs français ont évalué les risques liés aux infections pouvant mener à des cas de sepsis. « Les cas graves d’infection ne concernent que très peu de personnes », rappelle Juliette Quintin. Toutefois, elle ajoute qu’il est essentiel d’être conscient que « si on se fait griffer ou mordre, une petite infection locale peut se déclarer, sans grand danger » pour la majorité des individus.
Pourtant, il existe un risque accru pour ceux qui sont particulièrement vulnérables : les immunodéprimés, les personnes âgées ou celles atteintes de maladies chroniques. Une simple morsure ou griffure peut suffire à déclencher une infection généralisée due aux bactéries présentes dans la salive des animaux.
La gravité du sepsis
Le sepsis est une réaction inflammatoire grave qui peut entraîner une défaillance organique et même la mort chez certaines personnes. L’étude révèle que quatre bactéries principales chez nos animaux domestiques sont responsables des cas de sepsis : Pasteurella et Capnocytophaga figurent parmi elles. « Ces données sont déjà bien connues », précise Juliette Quintin.
L’étude menée sur 174 adultes admis en réanimation entre 2009 et 2019 montre un âge médian des patients fixé à 64 ans. La moitié d’entre eux a nécessité des vasopresseurs pour maintenir leur tension artérielle tandis que 19% ont dû subir une dialyse. Fait alarmant : le taux d’amputation dans ce groupe était de 3,6%, nettement supérieur aux moins de 1% observés avec d’autres types de septicémies.
« Lorsqu’il y a une infection grave », explique Juliette Quintin, « il peut y avoir une nécrose des extrémités ». Cela illustre combien il est crucial d’agir rapidement face à ces infections potentiellement dévastatrices.
Un appel à la vigilance
Au final, l’étude révèle que 24% des patients concernés par ce type d’infection décèdent, un chiffre qui reste relativement faible comparé aux autres causes courantes en réanimation comme les infections respiratoires dues au Streptococcus pneumoniaeCependant, trois facteurs majeurs augmentent le risque de décès : l’âge avancé, le tabagisme et certaines maladies chroniques du foie souvent liées à l’alcool.
Juliette Quintin rassure néanmoins en précisant qu’au cours des dix dernières années seulement environ cent patients ont été touchés par cette situation rare : « Ce n’est donc pas une menace de santé publique ». Mais elle prévient également que ni le type bactérien ni le traitement antibiotique initial ne semblent influencer autant le pronostic que l’état général du patient lui-même.
Il est donc primordial pour tous ceux qui côtoient ces adorables compagnons poilus, surtout s’ils font partie d’une population fragile, d’adopter un comportement prudent afin de minimiser tout risque potentiel lié aux infections animales. Nos amis félins et canins apportent tant d’amour et de joie dans nos vies ; veillons simplement à garder notre santé intacte tout en profitant pleinement de leur présence chaleureuse !


