Dans les mystères de la montagne : Joan Alvado et les baptêmes de minuit
Le photographe espagnol Joan Alvado nous plonge dans un univers où le mythe et la légende se rencontrent au cœur des paysages enchanteurs d’Alto Minho, au nord du Portugal. À travers son projet intitulé Os batismos da meia-noite, il explore des rituels ancestraux tout en tissant des liens profonds avec les croyances locales. Son travail, qui allie photographie et ethnographie, est présenté à l’exposition collective Sortilèges jusqu’au 5 octobre à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz pour les Rencontres d’Arles.
Une résidence artistique inspirante
C’est dans ce cadre fascinant qu’Alvado a été invité par le studio d’art et d’architecture FAHR 021.3® : « Nous avons une montagne qui pourrait correspondre à votre style », lui ont-ils dit. Avec un parcours initial en photojournalisme, il s’oriente désormais vers une approche plus personnelle, où chaque image devient le reflet d’un événement ou d’un lieu chargé de sens.
« Avec les légendes, l’histoire ou l’inconnu, rien n’est figé », explique-t-il. Pour lui, cette fluidité représente non pas un obstacle mais un véritable terrain de jeu créatif : « Cela se mue en terrain des possibles où je suis entièrement libre d’imaginer ce que je veux. »
Un voyage au cœur des croyances
Pendant six semaines, Joan parcourt la montagne Alto Minho, allant de village en village pour rencontrer les habitants et découvrir leurs traditions séculaires. Au fil de ses rencontres, il consigne près de cinquante mythes et légendes dans son carnet : « Si vous croyez en quelque chose, je le respecte et je souhaite être plus proche de vous. Que ce soit vrai ou non n’est pas important », affirme-t-il.
Cet engagement envers la culture locale permet à Alvado non seulement de capturer des images évocatrices mais aussi de rendre hommage aux récits portés par ces communautés depuis des générations.
Une exposition pleine de magie
Les résultats de cette quête sont visibles dans l’exposition collective Sortilèges, qui met en lumière ces histoires oubliées mais toujours vivantes grâce à l’œil artistique d’Alvado. Ses photographies évoquent une poésie mystique qui invite chacun à réfléchir sur sa propre relation avec le merveilleux.
À travers ses œuvres présentées jusqu’au 5 octobre à Arles, Joan Alvado nous rappelle que chaque tradition porte en elle une part d’humanité précieuse et que croire c’est déjà voyager vers l’inconnu.
En laissant résonner ces échos du passé dans notre présent moderne, cet artiste nous offre bien plus qu’une simple exposition ; il nous propose un chemin vers nos propres racines spirituelles et culturelles.


